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 Allan Kardec Le Livre des Esprits (SUITE) III

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Venusia
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MessageSujet: Allan Kardec Le Livre des Esprits (SUITE) III   Lun 7 Avr - 16:01

III


La doctrine spirite, comme toute chose nouvelle, a ses adeptes et ses contradicteurs.
Nous allons essayer de répondre à quelques-unes des objections de ces derniers, en examinant la valeur des motifs sur lesquels ils s’appuient sans avoir toutefois la prétention de convaincre tout le monde, car il est des gens qui croient que la lumière a été faite pour eux seuls.
Nous nous adressons aux personnes de bonne foi, sans idées préconçues ou arrêtées quand même, mais sincèrement désireuses de s’instruire, et nous leur démontrerons que la plupart des objections que l’on oppose à la doctrine proviennent d’une observation incomplète des faits et d’un jugement porté avec trop de légèreté et de précipitation.
Rappelons d’abord en peu de mots la série progressive des phénomènes qui ont donné naissance à cette doctrine.

Le premier fait observé a été celui d’objets divers mis en mouvement ; on l’a désigné vulgairement sous le nom de tables tournantes ou danse des tables.
Ce phénomène, qui paraît avoir été observé d’abord en Amérique, ou plutôt qui s’est renouvelé dans cette contrée, car l’histoire prouve qu’il remonte à la plus haute antiquité, s’est produit accompagné de circonstances étranges, telles que bruits insolites, coups frappés sans cause ostensible connue.
De là, il s’est rapidement propagé en Europe et dans les autres parties du monde ; il a d’abord soulevé beaucoup d’incrédulité, mais la multiplicité des expériences n’a bientôt plus permis de douter de la réalité.

Si ce phénomène eût été borné au mouvement des objets matériels, il pourrait s’expliquer par une cause purement physique. Nous sommes loin de connaître tous les agents occultes de la nature, ni toutes les propriétés de ceux que nous connaissons ; l’électricité, d’ailleurs, multiplie chaque jour à l’infini les ressources qu’elle procure à l’homme, et semble devoir éclairer la science d’une lumière nouvelle.
Il n’y avait donc rien d’impossible à ce que l’électricité, modifiée par certaines circonstances, ou tout autre agent inconnu, fût la cause de ce mouvement.
La réunion de plusieurs personnes augmentant la puissance d’action semblait appuyer cette théorie, car on pouvait considérer cet ensemble comme une pile multiple dont la puissance est en raison du nombre des éléments.
Le mouvement circulaire n’avait rien d’extraordinaire : il est dans la nature ; tous les astres se meuvent circulairement ; nous pourrions donc avoir en petit un reflet du mouvement général de l’univers, ou, pour mieux dire, une cause jusqu’alors inconnue pouvait produire accidentellement pour les petits objets et dans des circonstances données un courant analogue à celui qui entraîne les mondes.

Mais le mouvement n’était pas toujours circulaire ; il était souvent saccadé, désordonné, l’objet violemment secoué, renversé, emporté dans une direction quelconque, et, contrairement à toutes les lois de la statique, soulevé de terre et maintenu dans l’espace.
Rien encore dans ces faits qui ne puisse s’expliquer par la puissance d’un agent physique invisible.
Ne voyons-nous pas l’électricité renverser les édifices, déraciner les arbres, lancer au loin les corps les plus lourds, les attirer ou les repousser ?
Les bruits insolites, les coups frappés, en supposant qu’ils ne fussent pas un des effets ordinaires de la dilatation du bois ou de toute autre cause accidentelle, pouvaient encore très bien être produits par l’accumulation du fluide occulte ; l’électricité ne produit-elle pas les bruits les plus violents ?

Jusque-là, comme on le voit, tout peut rentrer dans le domaine des faits purement physiques et physiologiques.
Sans sortir de ce cercle d’idées, il y avait là la matière d’études sérieuses et dignes de fixer l’attention des savants.
Pourquoi n’en a-t-il pas été ainsi ?
Il est pénible de le dire, mais cela tient à des causes qui prouvent entre mille faits semblables la légèreté de l’esprit humain. D’abord la vulgarité de l’objet principal qui a servi de base aux premières expérimentations n’y est peut-être pas étrangère. Quelle influence un mot n’a-t-il pas souvent eue sur les choses les plus graves !
Sans considérer que le mouvement pouvait être imprimé à un objet quelconque, l’idée des tables a prévalu, sans doute parce que c’était l’objet le plus commode et qu’on s’assied plus naturellement autour d’une table qu’autour de tout autre meuble.
Or, les hommes supérieurs sont quelquefois si puérils qu’il n’y aurait rien d’impossible à ce que certains esprits d’élite aient cru au-dessous d’eux de s’occuper de ce que l’on était convenu d’appeler la danse des tables.
Il est même probable que, si le phénomène observé par Galvani l’eût été par des hommes vulgaires et fût resté caractérisé par un nom burlesque, il serait encore relégué à coté de la baguette divinatoire.
Quel est, en effet, le savant qui n’aurait pas cru déroger en s’occupant de la danse des grenouilles ?

Quelques-uns cependant, assez modestes pour convenir que la nature pourrait bien n’avoir pas dit son dernier mot pour eux, ont voulu voir, pour l’acquit de leur conscience ; mais il est arrivé que le phénomène n’a pas toujours répondu à leur attente, et de ce qu’il ne s’était pas constamment produit à leur volonté, et selon leur mode d’expérimentation, ils ont conclu à la négative ; malgré leur arrêt, les tables, puisque tables il y a, continuent à tourner, et nous pouvons dire avec Galilée : et pourtant elles se meuvent !

Nous dirons plus : c’est que les faits se sont tellement multipliés qu’ils ont aujourd’hui droit de cité, et qu’il ne s’agit plus que d’en trouver une explication rationnelle. Peut-on induire quelque chose contre la réalité du phénomène de ce qu’il ne se produit pas d’une manière toujours identique selon la volonté et les exigences de l’observateur ?

Est-ce que les phénomènes d’électricité et de chimie ne sont pas subordonnés à certaines conditions et doit-on les nier parce qu’ils ne se produisent pas en dehors de ces conditions ?
Y a-t-il donc rien d’étonnant que le phénomène du mouvement des objets par le fluide humain ait aussi ses conditions d’être et cesse de se produire lorsque l’observateur, se plaçant à son propre point de vue, prétend le faire marcher au gré de son caprice, ou l’assujettir aux lois des phénomènes connus, sans considérer que pour des faits nouveaux, il peut et doit y avoir des lois nouvelles ?

Or, pour connaître ces lois, il faut étudier les circonstances dans lesquelles les faits se produisent et cette étude ne peut être que le fruit d’une observation soutenue, attentive et souvent fort longue.
Mais, objectent certaines personnes, il y a souvent supercherie évidente.
Nous leur demanderons d’abord si elles sont bien certaines qu’il y ait supercherie, et si elles n’ont pas pris pour telle des effets dont elles ne pouvaient se rendre compte, à peu près comme ce paysan qui prenait un savant professeur de physique faisant des expériences, pour un adroit escamoteur.
En supposant même que cela ait pu avoir lieu quelquefois, serait-ce une raison pour nier le fait ?
Faut-il nier la physique parce qu’il y a des prestidigitateurs qui se décorent du titre de physiciens ?
Il faut d’ailleurs tenir compte du caractère des personnes et de l’intérêt qu’elles pourraient avoir à tromper.
Ce serait donc une plaisanterie ?
On peut bien s’amuser un instant mais une plaisanterie indéfiniment prolongée serait aussi fastidieuse pour le mystificateur que pour le mystifié.
Il y aurait, au reste, dans une mystification qui se propage d’un bout du monde à l’autre, et parmi les personnes les plus graves, les plus honorables et les plus éclairées, quelque chose d’au moins aussi extraordinaire que le phénomène lui-même.
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