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 Allan Kardec, le livre des Esprits (suite) X, XI, XII, XIII

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Venusia
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MessageSujet: Allan Kardec, le livre des Esprits (suite) X, XI, XII, XIII   Lun 7 Avr - 15:53

X


Parmi les objections, il en est de plus spécieuses, du moins en apparence, parce qu’elles sont tirées de l’observation et qu’elles sont faites par des personnes graves.
Une de ces objections est tirée du langage de certains Esprits qui ne paraît pas digne de l’élévation qu’on suppose à des êtres surnaturels.
Si l’on veut bien se reporter au résumé de la doctrine que nous avons présenté ci-dessus, on y verra que les Esprits eux-mêmes nous apprennent qu’ils ne sont égaux ni en connaissances, ni en qualités morales, et que l’on ne doit point prendre au pied de la lettre tout ce qu’ils disent.
C’est aux gens sensés à faire la part du bon et du mauvais.
Assurément ceux qui tirent de ce fait la conséquence que nous n’avons affaire qu’à des êtres malfaisants, dont l’unique occupation est de nous mystifier, n’ont pas connaissance des communications qui ont lieu dans les réunions oû ne se manifestent que des Esprits supérieurs, autrement ils ne penseraient pas ainsi. Il est fâcheux que le hasard les ait assez mal servis pour ne leur montrer que le mauvais côté du monde spirite, car nous voulons bien ne pas supposer qu’une tendance sympathique attire vers eux les mauvais Esprits plutôt que les bons, les Esprits menteurs ou ceux dont le langage est révoltant de grossièreté.
On pourrait tout au plus en conclure que la solidité de leurs principes n’est pas assez puissante pour écarter le mal, et que, trouvant un Certain plaisir à satisfaire leur curiosité à cet égard, les mauvais Esprits en profitent pour se glisser parmi eux, tandis que les bons s’éloignent.

Juger la question des Esprits sur ces faits serait aussi peu logique que de juger le caractère d’un peuple par ce qui se dit et se fait dans l’assemblée de quelques étourdis ou de gens mal famés que ne fréquentent ni les sages, ni les gens sensés.
Ces personnes se trouvent dans la situation d’un étranger qui, arrivant dans une grande capitale par le plus vilain faubourg, jugerait tous les habitants par les moeurs et le langage de ce quartier infime.
Dans le monde des Esprits, il y a aussi une bonne et une mauvaise société ; que ces personnes veuillent bien étudier ce qui se passe parmi les Esprits d’élite, et elles seront convaincues que la cité céleste renferme autre chose que la lie du peuple.
Mais, disent-elles, les Esprits d’élite viennent-ils parmi nous ?
A cela nous leur répondrons : Ne restez pas dans le faubourg ; voyez, observez et vous jugerez ; les faits sont là pour tout le monde ; à moins que ce ne soit à elles que s’appliquent ces paroles de Jésus : Ils ont des yeux et ils ne voient point ; des oreilles et ils n’entendent point.

Une variante de cette opinion consiste à ne voir dans les communications spirites, et dans tous les faits matériels auxquels elles donnent lieu, que l’intervention d’une puissance diabolique, nouveau Protée qui revêtirait toutes les formes pour mieux nous abuser.
Nous ne la croyons pas susceptible d’un examen sérieux, c’est pourquoi nous ne nous y arrêterons pas : elle se trouve réfutée par ce que nous venons de dire ; nous ajouterons seulement que, s’il en était ainsi, il faudrait convenir que le diable est quelquefois bien sage, bien raisonnable et surtout bien moral, ou bien qu’il y a aussi de bons diables.

Comment croire, en effet, que Dieu ne permette qu’à l’Esprit du mal de se manifester pour nous perdre, sans nous donner pour contrepoids les conseils des bons Esprits ?
S’il ne le peut pas, c’est impuissance ; s’il le peut et ne le fait pas, c’est incompatible avec sa bonté ; l’une et l’autre supposition seraient un blasphème.
Remarquez qu’admettre la communication des mauvais Esprits, c’est reconnaître le principe des manifestations ; or, du moment qu’elles existent, ce ne peut être qu’avec la permission de Dieu ; comment croire, sans impiété, qu’il ne permette que le mal à l’exclusion du bien ?
Une telle doctrine est contraire aux plus simples notions du bon sens et de la religion.




XI


Une chose bizarre, ajoute-t-on, c’est qu’on ne parle que des Esprits de personnages connus,
et l’on se demande pourquoi ils sont seuls à se manifester.
C’est là une erreur provenant, comme beaucoup d’autres, d’une observation superficielle.
Parmi les Esprits qui viennent spontanément, il en est plus encore d’inconnus pour nous que d’illustres, qui se désignent par un nom quelconque et souvent par un nom allégorique ou caractéristique.
Quant à ceux que l’on évoque, à moins que ce ne soit un parent ou un ami, il est assez naturel de s’adresser à ceux que l’on connaît plutôt qu’à ceux que l’on ne connaît pas ; le nom des personnages illustres frappe davantage, c’est pour cela qu’ils sont plus remarqués.
On trouve encore singulier que les Esprits d’hommes éminents viennent familièrement à notre appel, et s’occupent quelquefois de choses minutieuses en comparaison de celles qu’ils ont accomplies pendant leur vie.

A cela il n’est rien d’étonnant pour ceux qui savent que la puissance ou la considération dont ces hommes ont joui ici-bas ne leur donne aucune suprématie dans le monde spirite ; les Esprits confirment en ceci ces paroles de l’Evangile : Les grands seront abaissés et les petits élevés, ce qui doit s’entendre du rang que chacun de nous occupera parmi eux ; c’est ainsi que celui qui a été le premier sur la terre peut s’y trouver l’un des derniers ; celui devant lequel nous courbions la tête pendant sa vie peut donc venir parmi nous comme le plus humble artisan, car en quittant la vie, il a laissé toute sa grandeur, et le plus puissant monarque y est peut-être au-dessous du dernier de ses soldats.




XII


Un fait démontré par l’observation et confirmé par les Esprits eux-mêmes, c’est que les Esprits inférieurs empruntent souvent des noms connus et révérés.
Qui donc peut nous assurer que ceux qui disent avoir été, par exemple, Socrate, Jules César, Charlemagne, Fénelon, Napoléon, Washington, etc.,
aient réellement animé ces personnages ?
Ce doute existe parmi certains adeptes très fervents de la doctrine spirite ; ils admettent l’intervention et la manifestation des Esprits, mais ils se demandent quel contrôle on peut avoir de leur identité.
Ce contrôle est, en effet, assez difficile à établir ; s’il ne peut l’être d’une manière aussi authentique que par un acte d’état civil, on le peut au moins par présomption, d’après certains indices.

Lorsque l’Esprit de quelqu’un qui nous est personnellement connu se manifeste, d’un parent ou d’un ami par exemple, surtout s’il est mort depuis peu de temps, il arrive en général que son langage est en rapport parfait avec le caractère que nous lui connaissions ; c’est déjà un indice d’identité ; mais le doute n’est presque plus permis quand cet Esprit parle de choses privées, rappelle des circonstances de famille qui ne sont connues que de l’interlocuteur.
Un fils ne se méprendra pas assurément au langage de son père et de sa mère, ni des parents sur celui de leur enfant.
Il se passe quelquefois dans ces sortes d’évocations intimes des choses saisissantes, de nature à convaincre le plus incrédule.
Le sceptique le plus endurci est souvent terrifié des révélations inattendues qui lui sont faites.

Une autre circonstance très caractéristique vient à l’appui de l’identité.
Nous avons dit que l’écriture du médium change généralement avec l’Esprit évoqué, et que cette écriture se reproduit exactement la même chaque fois que le même Esprit se présente ; on a constaté maintes fois que, pour les personnes mortes depuis peu surtout, cette écriture a une ressemblance frappante avec celle de la personne en son vivant ; on a vu des signatures d’une exactitude parfaite.
Nous sommes, du reste, loin de donner ce fait comme une règle et surtout comme constant ; nous le mentionnons comme une chose digne de remarque.
Les Esprits arrivés à un certain degré d’épuration sont seuls dégagés de toute influence corporelle ; mais lorsqu’ils ne sont pas complètement dématérialisés (c’est l’expression dont ils se servent), ils conservent la plupart des idées, des penchants et même des manies qu’ils avaient sur la terre, et c’est encore là un moyen de reconnaissance ; mais on en trouve surtout dans une foule de faits de détail que peut seule révéler une observation attentive et soutenue.

On voit des écrivains discuter leurs propres ouvrages ou leurs doctrines, en approuver ou condamner certaines parties ; d’autres Esprits rappeler des circonstances ignorées ou peu connues de leur vie ou de leur mort, toutes choses enfin qui sont tout au moins des preuves morales d’identité, les seules que l’on puisse invoquer en fait de choses abstraites.
Si donc l’identité de l’Esprit évoqué peut être, jusqu’à un certain point, établie dans quelques cas, il n’y a pas de raison pour qu’elle ne le soit pas dans d’autres, et si l’on n’a pas, pour les personnes dont la mort est plus ancienne, les mêmes moyens de contrôle, on a toujours celui du langage et du caractère ; car assurément l’Esprit d’un homme de bien ne parlera pas comme celui d’un homme pervers ou d’un débauché.

Quant aux Esprits qui se parent de noms respectables, ils se trahissent bientôt par leur langage et leurs maximes ; celui qui se dirait Fénelon, par exemple, et qui blesserait, ne fût-ce qu’accidentellement, le bon sens et la morale, montrerait par cela même la supercherie.
Si, au contraire, les pensées qu’il exprime sont toujours pures, sans contradictions et constamment à la hauteur du caractère de Fénelon, il n’y a pas de motifs pour douter de son identité ; autrement, il faudrait supposer qu’un Esprit qui ne prêche que le bien peut sciemment employer le mensonge, et cela sans utilité.

L’expérience nous apprend que les Esprits du même degré, du même caractère et animés des mêmes sentiments se réunissent en groupes et en familles ; or, le nombre des Esprits est incalculable, et nous sommes loin de les connaître tous ; la plupart même n’ont pas de noms pour nous.
Un Esprit de la catégorie de Fénelon peut donc venir en son lieu et place, souvent même envoyé par lui comme mandataire ; il se présente sous son nom, parce qu’il lui est identique et peut le suppléer, et parce qu’il nous faut un nom pour fixer nos idées ; mais qu’importe, en définitive, qu’un Esprit soit réellement ou non celui de Fénelon !

Du moment qu’il ne dit que de bonnes choses et qu’il parle comme l’aurait dit Fénelon lui-même, c’est un bon Esprit ; le nom sous lequel il se fait connaître est indifférent, et n’est souvent qu’un moyen de fixer nos idées.
Il n’en saurait être de même dans les évocations intimes ; mais là, comme nous l’avons dit, l’identité peut être établie par des preuves en quelque sorte patentes.

Au reste, il est certain que la substitution des Esprits peut donner lieu à une foule de méprises, et qu’il peut en résulter des erreurs, et souvent des mystifications ; c’est là une difficulté du spiritisme pratique; mais nous n’avons jamais dit que cette science fût une chose facile, ni qu’on pût l’apprendre en se jouant, pas plus qu’aucune autre science.

Nous ne saurions trop le répéter, elle demande une étude assidue et souvent fort longue ; ne pouvant provoquer les faits, il faut attendre qu’ils se présentent d’eux-mêmes, et souvent ils sont amenés par les circonstances auxquelles on songe le moins.
Pour l’observateur attentif et patient, les faits abondent, parce qu’il découvre des milliers de nuances caractéristiques qui sont, pour lui, des traits de lumière.
Il en est ainsi dans les sciences vulgaires ; tandis que l’homme superficiel ne voit dans une fleur qu’une forme élégante, le savant y découvre des trésors pour la pensée.




XIII


Les observations ci-dessus nous conduisent à dire quelques mots d’une autre difficulté, celle de la divergence qui existe dans le langage des Esprits.
Les Esprits étant très différents les uns des autres au point de vue des connaissances et de la moralité, il est évident que la même question peut être résolue dans un sens opposé, selon le rang qu’ils occupent, absolument comme si elle était posée parmi les hommes alternativement à un savant, à un ignorant ou à un mauvais plaisant. Le point essentiel, nous l’avons dit, est de savoir à qui l’on s’adresse.

Mais, ajoute-t-on, comment se fait-il que les Esprits reconnus pour être supérieurs ne soient pas toujours d’accord ?
Nous dirons d’abord qu’indépendamment de la cause que nous venons de signaler, il en est d’autres qui peuvent exercer une certaine influence sur la nature des réponses, abstraction faite de la qualité des Esprits ; ceci est un point capital dont l’étude donnera l’explication ;
c’est pourquoi nous disons que ces études requièrent une attention soutenue, une observation profonde, et surtout, comme du reste toutes les sciences humaines, de la suite et de la persévérance.
Il faut des années pour faire un médiocre médecin, et les trois quarts de la vie pour faire un savant, et l’on voudrait en quelques heures acquérir la science de l’infini !
Qu’on ne s’y trompe donc pas : l’étude du spiritisme est immense ;
elle touche à toutes les questions de la métaphysique et de l’ordre social ; c’est tout un monde qui s’ouvre devant nous ; doit-on s’étonner qu’il faille du temps, et beaucoup de temps, pour l’acquérir ?

La contradiction, d’ailleurs, n’est pas toujours aussi réelle qu’elle peut le paraître.

Ne voyons-nous pas tous les jours des hommes professant la même science varier dans la définition qu’ils donnent d’une chose, soit qu’ils emploient des termes différents, soit qu’ils l’envisagent sous un autre point de vue, quoique l’idée fondamentale soit toujours la même ?
que l’on compte si l’on peut, le nombre des définitions qui ont été données de la grammaire !
Ajoutons encore que la forme de la réponse dépend souvent de la forme de la question.

Il y aurait donc de la puérilité à trouver une contradiction là oû il n’y a le plus souvent qu’une différence de mots.
Les Esprits supérieurs ne tiennent nullement à la forme ; pour eux, le fond de la pensée est tout.

Prenons pour exemple la définition de l’âme. Ce mot n’ayant pas d’acception fixe, les Esprits peuvent donc, ainsi que nous, différer dans la définition qu’ils en donnent : l’un pourra dire qu’elle est le principe de la vie, un autre l’appeler étincelle animique, un troisième dire qu’elle est interne, un quatrième qu’elle est externe, etc., et tous auront raison à leur point de vue.
On pourrait même croire que certains d’entre eux professent des théories matérialistes, et pourtant il n’en est rien.
Il en est de même de Dieu ; ce sera : le principe de toutes choses, le Créateur de l’univers, la souveraine intelligence, l’infini, le grand Esprit, etc., etc., et en définitive, ce sera toujours Dieu.
Citons enfin la classification des Esprits. Ils forment une suite non interrompue depuis le degré inférieur jusqu’au degré supérieur ; la classification est donc arbitraire, l’un pourra en faire trois classes, un autre cinq, dix ou vingt à volonté, sans être pour cela dans l’erreur ; toutes les sciences humaines nous en offrent l’exemple ; chaque savant a son système ; les systèmes changent, mais la science ne change pas.
Qu’on apprenne la botanique par le système de Linné, de Jussieu ou de Tournefort, on n’en saura pas moins la botanique. Cessons donc de donner aux choses de pure convention plus d’importance qu’elles n’en méritent pour nous attacher à ce qui est seul véritablement sérieux, et souvent la réflexion fera découvrir dans ce qui semble le plus disparate une similitude qui avait échappé à une première inspection.
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